Chaire Management de la Modélisation (2010-2015)

La chaire de recherche MANAGEMENT DE LA MODELISATION est une chaire d’excellence de l’Université Lyon 1 financée par BNP-Paribas Cardif portée par le Laboratoire de Sciences Actuarielle et Financière, de l’Institut de Science Financière et d’Assurances (ISFA), école interne de l’Université Claude Bernard Lyon 1 entre 2010 et 2015.

Cette chaire de recherche, sous la dénomination « Management de la Modélisation en Assurance » avait pour thématique l’utilisation des modèles mathématiques dans les processus de décision humains des compagnies d’assurance pour leur permettre de s’adapter à un monde qui change.

Elle visait également à comprendre l’apport des modèles et leurs limites afin d’éviter que ne règne une confiance aveugle ou à l’opposé un rejet craintif d’une technique complexe utilisée largement par les compagnies.

Les domaines de la recherche ont porté sur :

  • la compréhension et la modélisation mathématique des relations complexes (dépendance stochastique) entre les différents risques qui pèsent sur une compagnie d’assurance, afin d’améliorer les modèles internes, la quantification du risque du modèle et l’utilisation des modèles internes dans les systèmes d’information,
  • les implications de l’utilisation des modèles internes dans l’organisation des compagnies d’assurance et leur environnement concurrentiel, réglementaire prudentiel.

Aujourd’hui, les modèles internes sont utilisés dans le monde financier pour évaluer les activités de marché qui, si elles sont significatives, ne représentent pas la totalité des activités des banques universelles. Ces modèles internes sont tellement imbriqués dans la vie des affaires qu’ils déterminent de facto les prix sur les marchés et sont donc utilisés dans de nombreuses transactions réelles.

Demain, l’utilisation des modèles internes va être étendue aux activités des assureurs et pour un périmètre jamais atteint : la quasi-totalité des passifs sera valorisée avec des modèles internes. Pour autant, ces derniers ne donneront pas l’équivalent d’un prix sur le marché secondaire des contrats d’assurance, car ce marché n’existe pas. La référence à un tiers acheteur n’est donc ici que pure théorie. Les modèles sont également au cœur de la détermination des fonds propres en risque. Il s’agit alors de projeter des postes de bilan à des dates futures, de déterminer les lois de probabilité des gains ou des pertes afin de construire des indicateurs de risques.

Cette évolution sans précédent vers la modélisation exhaustive du bilan doit être bien comprise par les différentes parties prenantes en raison de la nouvelle complexité qu’elle va introduire et qu’il faudra gérer. Cette compréhension n’est aujourd’hui que partielle, car le recul manque pour bien percevoir la nouvelle réalité.

Par ailleurs, le recours intensif aux modèles internes aura certainement des effets durables sur l’économie et le secteur de l’Assurance qu’il serait utile de pouvoir anticiper afin d’en maîtriser les conséquences. Le rôle des régulations sera probablement important à cet égard.

Ainsi, ces deux axes de recherches semblent de première importance dans une optique de meilleure compréhension et d’une utilisation éclairée des modèles.